Le 29 Février 2008, l’UGICT-CGT prenait l’initiative de révéler le suicide d’un
collègue qui s’est donné la mort dans son Agence le 21 Janvier (voir encadré p.2).
On peut s’interroger sur le silence qui a régné autour de ce drame.
Cette tragédie est le révélateur d’une situation qui n’est pas isolée et qui devient
insupportable pour de très nombreux salariés.
L'argus de l'assurance
http://www.largusdelassurance.com/article/page_article.cfm?nrub=230&idoc=132621&navartrech=2
Capital
http://www.capital.fr/Actualite/Default.asp?numero=67641&Cat=CAA
Notre Collègue Daniel, Conseiller en Patrimoine Financier, s’est donné la mort le lundi 21 janvier dans son Agence BNP PARIBAS, à l’âge de 45 ans. Il laisse une
veuve et deux enfants en proie à un immense chagrin.
Quelques jours auparavant il avait été convoqué à un entretien avec la Direction de son Groupe. Selon ses proches il lui aurait été indiqué qu’il n’avait pas atteint certains de ses objectifs, en
particulier en matière de placement de produits financiers. Il aurait objecté que la conjoncture boursière lui commandait d’être prudent en la matière. La Direction aurait évoqué sa mutation.
Voici un extrait de ce qu’il écrivait dans sa dernière lettre :
« Je suis parvenu au fond d’un trou et je n’en vois pas la fin.
J’ai aimé mon métier et je ne sais rien faire d’autre. Je ne vois pas d’avenir.
Je suis broyé, laminé, humilié, fatigué, etc.
J’ai toujours respecté mes clients en essayant de rester le plus correct avec eux. De ce côté-là au moins on ne peut rien me reprocher. »
Funeste ironie, Daniel se sera suicidé le jour où les bourses mondiales s’écroulaient. Daniel aura été un bon banquier soucieux des intérêts de ses clients et qui aura préservé leur épargne. Mais
sans doute aura-t-il été considéré comme un mauvais commercial qui n’aura pas apporté à la Banque toutes les commissions qu’elle attendait.
Toute la vérité doit être faite sur les causes du décès de notre collègue pour que de tels faits ne se reproduisent pas.
C’est pourquoi nous avons reçu mandat de la Fédération CGT des Syndicats du Personnel de la Banque et de l’Assurance pour, le moment venu, nous porter partie civile dans la plainte contre X qui a
été déposée. De même, si cela s’avérait nécessaire, nous interviendrions volontairement dans toute autre procédure.
Nous assurons la famille et les collègues de Daniel de notre entière solidarité.
En octobre dernier, ce père de famille avait été arrêté alors qu’il venait clôturer son compte que lui avait ouvert l’agence BNP Paribas de Montreuil en région
parisienne. « Je voulais mettre le montant de mon salaire de côté pour ma mère qui était gravement malade et pour mon bébé, mais quand j’ai voulu retirer cet argent, la banque m’en a
empêché », explique M. Dianka, interrogé par Afrik.com. Après avoir demandé pour la énième fois le retrait de son argent, il ressort avec un rendez-vous pour le 24
octobre. Mais l’entretien tourne vite au drame. On lui demande de patienter et, là, au lieu de voir arriver une conseillère, c’est la police qui le reçoit. « On s’est réfugié avec mon amie
dans un café, et ils nous ont poursuivis et m’ont attrapé. Après, je me suis retrouvé en garde à vue pendant 24h », relate le sans-papiers malien.
Prétexte invoqué : la présentation de faux papiers à la banque qui a tout de suite porté plainte. « Avec la nouvelle procédure mise en place, l’agence a le
droit, si elle a un doute sur la véracité des papiers, de les envoyer à la préfecture. S’il s’agit de faux papiers, la banque peut soit clôturer le compte soit dénoncer la personne, c’est ce
qu’elle a fait », confie Nadège. Demba Dianka se dit profondément heurté par l’attitude de son agence. « J’ai payé mes faux papiers 3 000 euros, c’est très cher. J’ai travaillé quatre
ans avec ça, sans jamais avoir de problèmes. Je gagne ma vie, je paye mes impôts. Tout ça vraiment me dépasse », précise t-il. Pour Isabelle Wolff, l’attachée de presse de BNP
Paribas, les agents ont simplement appliqué la procédure habituelle.
Des salariés qui dénoncent et appellent la police pour faire arrêter des hommes... dans quel drôle de monde vit on ? Celui d'un monde qui change d'après BNP Paribas ...
Ah , on aide les jeunes sportifs à se réinsérer à Sciences Po, c'est bien... mais qui sont ces jeunes sportifs ?
Le Monde nous l'indique dans son édition du 6 décembre : "17 athlètes, dont ... Richard Gasquet, le numéro un du tennis français, âgé de 21 ans !
La formation, payée par la Fondation Lagardère et par des sponsors, coûtera près de 300 000 euros par an ".
Tant mieux pour lui, mais on est bien loin des étudiants MacDo qui bossent pour payer leurs études... Richard Gasquet (qui vit en Suisse ... sans commentaires !) ne pouvait pas se payer ses études
tout seul ?
BNP Paribas aide vraiment les plus démunis à se réinsérer dans la vie active...
En 2000, des chercheurs publient la mise au point d’un test de détection de cellules cancéreuses circulantes dans le sang, pouvant permettre le dépistage du cancer, le
suivi de l’efficacité des traitements et d’éventuelles récidives.
Le test peut être adapté, en outre, à la détection de la trisomie 21 chez les femmes enceintes, évitant ainsi l’amniocentèse.
En 2001, une société METAGENEX est créée pour continuer les recherches sur le test, les essais cliniques et sa mise au point.
En 2006 AXA Investment Manager Private Equity Europe entre dans le capital de METAGENEX. Les capitaux privés apportés par les sociétés AXA et BNP-PARIBAS (2,7 millions d’euros) font passer les
actionnaires fondateurs du statut de majoritaire à celui de minoritaire. Mais les chercheurs et les nouveaux venus ne s’entendent pas car la logique financière est en contradiction avec la logique
de recherche et la déontologie médicale.
Alors que les chercheurs insistent pour que des études de validation de l’efficacité du test soient menées avant sa commercialisation, les financeurs veulent rentabiliser au plus vite le capital
investi. Agissant selon des principes contraires à toutes les règles éthiques et scientifiques, la direction de METAGENEX décide de commercialiser le test via le laboratoire Lavergne, à 165 euros
l’unité.
L’INSERM, encore propriétaire des brevets, refuse alors, contrairement aux accords préalables, de signer l’avenant de cession de la licence des brevets à METAGENEX, et saisit le Conseil Consultatif
National d’Ethique (CCNE). Le 13 septembre 2007, l’avis publié par le CCNE confirme que la commercialisation du test ne peut être sérieusement envisagée sans étude clinique contrôlée par une
autorité de santé, et invite, pour le moins, à insérer à l’attention du patient « une mise en garde explicite précisant que le test concerné ne remplit pas toutes les conditions d’évaluation et de
validation nécessaires à une interprétation fiable des résultats ».
Les actionnaires de METAGENEX ripostent en accusant le directeur général de l’INSERM de conflit d’intérêt et en appellent aux Ministres de la Recherche et de la Santé afin de trancher en leur
faveur.
Le 21 septembre dernier, le gouvernement s’en tient à une argumentation juridique et financière et prend une décision contraire à l’avis des chercheurs et des Comités d’Éthique. Il insiste pour que
le directeur général de l’INSERM cède les brevets à METAGENEX, au nom d’un « risque financier » pour l’État si la société METAGENEX gagnait devant un tribunal. Cette décision conduit le directeur
général de l’INSERM à démissionner de son poste, le 8 octobre 2007, réfutant l’accusation de conflit d’intérêt.
Cette affaire démontre que les fonds d’investissements sont capables de mettre sur le marché des produits qui n'ont pas été évalués. Est-il éthique d’annoncer à un patient qu’il présente un cancer
alors qu’il s’agit d’une erreur de diagnostic ? Est-il moralement acceptable d’annoncer à une personne qu’elle n’est pas malade alors qu’en vérité elle développe une tumeur ?
« La prévention c’est l’intérêt commun des assureurs et des assurés ». C’est ce qu’affirmait François
Pierson, Président d’AXA France, à la veille du lancement du site axasanté.fr dédié à la prévention de la
santé ! Il est donc d’autant plus surprenant que le principe de précaution, si souvent mis en avant, ait
été oublié dans la décision des ministères et des actionnaires majoritaires de METAGENEX, filiale d’AXA
et de la BNP-PARIBAS.
La santé ne peut dépendre d’opération de rentabilisation rapide du capital investi au dépend de l’intérêt des malades. Quelle crédibilité la compagnie d’assurance AXA et la société bancaire
BNP-PARIBAS montrent-elles à la communauté scientifique, aux assurés et aux clients, quand elles ne respectent pas les principes de précaution et de prévention du risque ?
Le conflit d'intérêt ne serait-il pas du côté d'AXA et de la BNP-PARIBAS qui pourraient vouloir préconiser ce test auprès de tous ses clients bénéficiaires de contrat d'assurance santé ou de
crédit, ce qui mettrait les compagnies en position « gagnante » en amont et en aval du produit ?
La CGT AXA, la CGT BNP-PARIBAS, la CGT INSERM, le SNTRS, s’opposent à ce que la recherche serve à faire du profit au détriment de toute règle déontologique et éthique. Nous demandons qu’AXA et la
BNPPARIBAS,si sensibles à leur image éthique, interviennent auprès de METAGENEX pour retirer ce test du marché tant que ce dernier n’aura pas été médicalement et scientifiquement
évalué.
Contacts : Mireille Gueye 06 88 75 60 69 - Jean-François Bolzinger 06 10 07 53 56
LA BOURSE OU LA VIE ?
27 novembre 2007
Arg ! La lecture de l'Expansion va fire des sueurs froids à plus d'un banquier ... et surtout à de nombreuses familles françaises endettées :
"Vers une crise des subprimes à la française ?"
Et si la France avait elle aussi ses subprimes ? Les prêts à taux révisables accordés massivement aux ménages français depuis 2004 constituent en effet une véritable bombe à retardement. D’après
les calculs de Meilleurstaux.com, plus de 100.000 ménages pourraient être concernés par des hausses de mensualités pouvant atteindre 20%. Toujours selon leurs calculs, pour un prêt
de 150.000 euros sur 30 ans, le taux d’intérêt devrait augmenter d’environ 2%. Résultat : les mensualités pourraient augmenter de 200 euros environ soit 8% des revenus des ménages.
La situation est d’autant plus explosive que les prêts révisables sont le plus souvent accordés aux ménages aux revenus modestes dont le taux d’endettement dépasse souvent 33% de leurs revenus et
qu'ils s’étalent sur 30 ans. Ce qui rend impossible un allongement de la durée de d’emprunt qui pourrait alléger les remboursements. Certes, ce type de prêts a permis à de nombreux particuliers
d’accéder à la propriété en permettant d’emprunter davantage alors que le prix de la pierre atteignait des niveaux exorbitants. Mais il est certain qu’un bon nombre d’emprunteurs ont été abusés par
des commerciaux aux techniques troubles. Surtout en leur dissimulant que le loyer de l’argent au moment de l’emprunt se situait à un niveau très bas et qu’une hausse des taux était inévitable. Mais
aussi en émettant de préciser qu’une hausse des taux entraîne mathématiquement une hausse des mensualités.
Alors que le nombre de dossiers de surendettement continue d’augmenter, malgré la loi Borloo de 2003, la pile n’a pas fini d’augmenter. Déjà 700.000 ménages étaient en cours de procédure de
désendettement selon le baromètre de la Banque de France. Mais à regarder de plus près, le problème est encore plus important : 15% ménages français disent avoir des difficultés à rembourser leurs
dettes, soit 7,5 millions de personnes.
Mais puisqu'on vous dit qu'il n'y a pas de crise en France ... comme Tchernobyl ?