Lundi 13 août 2007
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Ahhhh !
Que peut on lire dans Le Monde du 10 août 2007 ?
"La plupart des établissements internationaux sont affectés directement ou indirectement par l'effondrement des prix des subprime, notamment via les fonds qu'ils gèrent. Après Oddo
et Axa la semaine dernière, BNP Paribas a annoncé jeudi qu'il gelait trois de ces fonds dont les valeurs ont chuté dangereusement. Or la première banque française
assurait jusqu'ici être épargnée par la crise. Les investisseurs doutent maintenant de la sincérité des banques."
Mais, c'est quoi la titrisation ?
Ou comment passer du crédit à l’usure
La titrisation – Qu’est-ce que c’est ?
Imaginez que vous déteniez une créance dont le remboursement est d’une part périodique (par exemple tous les trois mois) et d’autre part certain parce que la loi
oblige votre débiteur à s’acquitter de cette créance.
Pendant trois mois vous vivez dans l’attente de ce versement alors que vous préféreriez disposer immédiatement de cet argent pour, par exemple, le placer et en obtenir
des intérêts.
Voici la solution ! Vous transformez cette créance en titres (obligations en général) émis par l’intermédiaire d’un Fonds Commun de Créance (FCC).
En pratique, le FCC vous rachète votre créance (dont il devient propriétaire) avec l’argent obtenu par l’émission d’obligations qui trouvent preneurs parce que le
versement de la créance est garanti par la loi, ce qui a pour effet de garantir le capital émis en obligations.
Vous récupérez les sommes correspondantes et vous vous engagez à verser au FCC la rémunération destinée aux détenteurs d’obligations à laquelle il faut ajouter les
divers frais afférents à l’opération.
Pour ce faire, vous allez placer cet argent en bourse sur des produits dits dynamiques, voire très dynamiques, c’est-à-dire à très haut risque (les deux sont toujours
corrélés).
En effet, votre objectif est de dégager au travers de cette opération spéculative des dividendes supérieurs à ceux que vous vous êtes engagés à verser aux
souscripteurs d’obligations et aux frais inhérents à cette opération !
En d’autres termes vous visez un différentiel de taux positif et aussi important que possible entre le taux de rémunération du capital placé sur les marchés boursiers
et le taux de rémunération des obligations auquel vous vous êtes engagé, déduction faite bien évidemment des frais de banque.
Là où ça se gâte
C’est quand par dérive vous en venez à racheter des créances sur des crédits hypothécaires pour des particuliers ou sur des LBO pour les entreprises.
(Le souci restant la recherche du différentiel positif, vous rachetez à bas prix des créances vendues par les préteurs en raison de leur niveau élevé de
risques)
Là les créances ne sont donc plus sures, car les payeurs sont surendettés et prennent des crédits pour rembourser des crédits a des prêteurs devenus alors des types
d’usuriers modernes.
En effet, ceux-ci prêtent à des taux très élevés à une clientèle ne trouvant plus de crédits ailleurs pour différentes raisons dont souvent un taux d’endettement trop
important, sachant qu’une partie des crédits sera remboursée normalement, une autre le sera après passage en contentieux et une dernière ne le sera pas.
Les taux pratiqués doivent permettre à la première partie de rentabiliser le tout, la revente « à bas prix » des deux autres devenant un bénéfice
supplémentaire.
Et quand, les emprunteurs ne peuvent plus payer … Les seuls qui en font les frais, comme d’habitude, c’est ceux qui ont cru miroir aux alouettes et ont mis leur
épargne dans des FCP de ce type, parfois sans même le savoir.
Mais pourquoi faire, si tout le monde connaît les risques
En fait, tout ceci repose, bien entendu, sur le système bien connu du producteur/distributeur/client. Dans ce système, le seul qui tire son épingle du jeu c’est le
distributeur. En effet, une fois que le distributeur s’est imposé comme interlocuteur indispensable, il fait payer le producteur et le client final pour les services qu’il leur rend.
Or dans le cas de la titrisation ; les services rendus par le dit distributeur, à savoir les gestionnaires des FCP tant au producteur (les emprunteurs) qu’au
client (les souscripteurs de part de FCP) sont du domaine de la fourniture de vent en conserve.
Par contre, quand ces distributeurs sont des grandes banques ou institutions financières qui ont pu engager une part de leur fond propre ou se porter garant vis-à-vis
de leur client, il y a possibilité de créer un phénomène « boule de neige » sur les marchés financiers et forcément de détériorer leur image de marque.
C’est bête de croire que l’on peut impunément et à long terme continuer à toujours faire payer les mêmes pour les bêtises qu’on fait. C’est surtout très
immature.
Alors, soyons vigilants et ne nous laissons pas berner par les beaux parleurs.