DELEGATION NATIONALE CGT – BNP PARIBAS
Juin 2007
COMMUNIQUE DE PRESSE
Non à la guerre des banques
La presse fait état de préparatifs du Management de la Société Générale pour un raid éventuel sur BNP PARIBAS. Rappelons que la BNP avait tenté un raid sur la
Générale en 1999-2000.
Ainsi, pour s’emparer de BNP Paribas, les dirigeants de la Générale s’apprêteraient à mettre sur la table des dizaines de milliards pour une opération purement
financière.
En contrepartie, il serait prévu de supprimer des milliers d’emplois car les actionnaires et les éventuels bailleurs de fonds exigeraient un retour sur
investissement immédiat au niveau du groupe en voie de constitution, avec pour cible principale la banque de détail et la banque d’investissement, qui regroupe les activités internationales,
de grande clientèle et de marché.
Simultanément, il s’agirait de porter la rentabilité financière à des taux supérieurs aux taux déjà démentiels actuels. Pour que les «partenaires» éventuels d’une
telle opération se frottent les mains, les plus-values qu’ils encaisseraient devraient être substantielles. Pour cela les dirigeants feraient payer les salariés et les clients des deux
ensembles.
Ce rapprochement s’inscrirait dans la perspective d’une guerre européenne des banques à partir de la France.
Une riposte de BNP Paribas serait possible. Ce groupe pourrait chercher à mettre à nouveau la main sur la Société Générale, qui, elle-même, chercherait de nouvelles
alliances de combat, y compris avec un grand établissement étranger.
Ainsi continue l’immersion de la France dans un grand marché financier européen et mondial : à coups d’emplois supprimés, de dizaines de milliards d’euros
gaspillés, de salaires bridés, de crédits rationnés aux PME, et plus généralement de services bancaires de plus en plus chers et dégradés.
Pourquoi cette course à la taille à tout prix ?
Elle prétend être la meilleure réponse possible à trois exigences :
- le partage des coûts de traitement et de refonte des processus,
- l’accès à une base élargie de ressources peu coûteuses (les dépôts en compte des salaires, pensions et retraites),
- s’assurer, face à la concurrence, une "taille critique" permettant, notamment, d’étaler les risques de plus en plus importants des opérations de marché et de
financement des grands groupes, sans parler des risques de dévalorisation des actifs financiers achetés pour compte propre.
Mais, au bout du compte, ces besoins de coopération ainsi traités, et parce qu’ils ont pour but la rentabilité financière, se traduisent par de nouveaux désastres
pour l’emploi, une accentuation des affrontements entre banques et établissements financiers. Au-delà, cela signifie une qualité de services moindre, une croissance très insuffisante des
ressources bancaires les moins coûteuses et une sélectivité accrue du crédit au détriment des PME, des projets porteurs d’emploi et exigeants en formation.
Il est indispensable de mettre un terme à cette façon de répondre aux défis et aux besoins nouveaux de coopération entre établissements financiers en France et en
Europe. Surtout dans la conjoncture actuelle, où les banques françaises et européennes devraient beaucoup plus s’impliquer, ensemble, dans le financement de la lutte contre le chômage, par
l’essor d’un crédit qui devrait être d’autant plus avantageux que les investissements à financer programmeraient plus d’emplois et de mises en formation.
Bien sûr, des partenariats entre BNP PARIBAS, la Société Générale, le Crédit Lyonnais, le Crédit Agricole, le Crédit Mutuel et d’autres banques, doivent être
recherchés activement. Mais il faudrait que les économies de coûts recherchées profitent avant tout à l’emploi et à la formation, dans les banques concernées comme dans les entreprises clientes,
au lieu de se traduire par la compression des masses salariales et l’augmentation du chômage.
Après tout, l’exemple du GIE Carte bancaire ne montre-t-il pas, même avec ses limites, que d’autres voies de coopération sont possibles ? Pour développer ce
service utile et de qualité, on n’a pas hésité à créer cette structure originale de partage des coûts, sans fusion ni acquisition, elle-même créatrice d’emplois et de formation pour l’ensemble de
la profession bancaire.
Il faut donc revisiter l’ensemble des opérations de concentration bancaire. L’État, au lieu d’agir de façon irresponsable en favorisant telle opération plutôt que
telle autre devrait au contraire jouer un rôle de stimulation pour des coopérations nouvelles interbancaires favorables à l’emploi. On mesure aussi combien serait nécessaire un pôle public
financier assumant lui-même un rôle d’entraînement de tout le secteur pour développer un nouveau type de crédit et de pratiques bancaires propres à faire refluer la dépendance vis-à-vis du marché
financier.
Surtout, les salariés des banques devraient pouvoir intervenir dans la définition des buts et des modalités de ces opérations, proposer des alternatives, au lieu
d’être mis devant le fait accompli. Ils devraient aussi pouvoir se concerter entre eux et avec les usagers de leurs établissements, qui ont, eux-mêmes, tout à craindre de ces opérations
financières.
Dans l’immédiat, les salariés des deux banques devraient refuser, en l’état, ce type d’opérations et exiger que la situation et le statut de chacun soient sécurisés.
C’est ce à quoi s’emploie la CGT.